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II. Les régimes de retraite
au Canada
Les sources du revenu de retraite
Les comparaisons internationales
permettent donc de nous réjouir que les régimes publics de retraite
canadiens n'aient jamais atteint la même ampleur que dans plusieurs pays
de l'OCDE. Cela ne nous épargnera pas pour autant des effets du vieillissement
de la population et des conséquences d'un mode de financement par répartition
des régimes publics de retraite.
Le tableau 4 illustre la structure
des revenus de remplacement des retraités au Canada. Nous avons trois
grandes sources de revenu de retraite : les régimes publics, les régimes
de pension agréés d'employeur et l'épargne individuelle.
Les régimes publics de pension ont deux composantes : la nouvelle Prestation
aux aîné(e)s qui, en 2001, regroupera la Sécurité
de la vieillesse, le Supplément de revenu garanti et l'Allocation au
conjoint. Ces prestations sont financées à même les recettes
générales du gouvernement fédéral et subiront naturellement
les effets du vieillissement de la population. À cela s'ajoutent le Régime
des rentes du Québec (RRQ) et le Régime de pension du Canada (RPC).
Ces derniers sont financés à parts égales par les employeurs
et les salariés à l'aide de cotisations établies en fonction
du revenu. Ils sont financés sur une base de répartition et ils
ont accumulé une énorme dette actuarielle.
Tableau 4
Le système canadien de revenu de retraite
Régimes publics de pension (Régimes non capitalisés)
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Prestation aux aîné(e)s
(remplacera en 2001:
Sécurité de la vieillesse(SV)
(maximum de $ 4760 par année en 1996)
| Régimes des rentes du Québec (RRQ)
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Supplément de revenu de garanti (SRG)
(maximum de $ 5660 par année pour une personne seule ou $ 7380 par
couple en 1996)
| Régime de pension du Canada (RPC)
(La pension remplace jusqu'à 25% de la moyenne des gains admissibles.
La pension mensuelle maximale est de $ 727,08, soit une pension annuelle
maximale de $ 8725 en 1996).
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| Allocation au conjoint (AC)
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Régimes de pension agréés d'employeur (Régimes
capitalisés)
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Régimes de retraite en fiducie
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Contrats auprè de compagnies d'assurances
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Ententes consolidées des gouvernements
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Autres régimes:
Régimes de participation aux bénéfices
REER collectifs.
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Épargne individuelle
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Régimes enregistrés d'épargne-retraite
(REER)
Autres avoirs financiers et réels
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Les régimes privés
de pension agréés d'employeur (RPA) sont également financés
par les contributions des employés et des employeurs. En général,
chacune des parties est responsable pour 50 % des coûts. Ces régimes
sont capitalisés, c'est-à-dire que les pensions versées
proviennent des contributions et des rendements sur les sommes investies. Ces
régimes ont le vent en poupe puisque les rendements des actifs financiers
ont été très intéressants au cours des 15 dernières
années (tableau 1) et tout laisse présumer qu'à l'avenir,
la croissance des salaires sera toujours bien inférieure au taux d'intérêt
réel.
Finalement, l'épargne personnelle
en vue de la retraite est encouragée par les régimes enregistrés
d'épargne-retraite (REER). Cette incitation provient de l'aide fiscale
à l'épargne-retraite. Le revenu mis de côté en vue
de la retraite est imposé lorsqu'il est retiré et non lorsqu'il
est épargné. Lors du dernier budget fédéral du 6
mars 1996, le plafond de cotisation à un régime de pension agréé
ou à un REER qui devait être relevé à 14 500 dollars
en 1998 a encore une fois été gelé à 13 500
dollars jusqu'en 2003. Cela n'est qu'un exemple de la volonté des gouvernements
de limiter les coûts des régimes de pension en imposant un fardeau
de plus en plus lourd aux contribuables.
Avant de consacrer le reste de cette
présentation aux solutions envisageables pour rétablir la solvabilité
des régimes publics de pension canadiens, je présente quelques
faits saillants à propos des régimes privés.
Préparer
une retraite heureuse
Pour maintenir son niveau de vie
à la retraite, il faut préserver environ 70 % de ses revenus.
La pension provenant du RRQ ou du RPC est donc généralement bien
insuffisante pour obtenir ces revenus de remplacement. Il faut faire appel aux
régimes enregistrés (ou agréés) de pension et aux
REER. En 1993, 5,2 millions de travailleurs participaient à un régime
agréé de pension. Cela représentait 36 % de la population
active. Pour être plus précis, 45 % des travailleurs rémunérés
participaient à un régime agréé d'employeur (près
de 49 % au Québec), car il faut exclure les travailleurs autonomes,
les travailleurs familiaux non rémunérés ainsi que les
chômeurs qui ne sont pas admissibles. Les travailleurs autonomes sont
responsables de leur propre régime en contribuant à leur propre
REER. En 1993, près de 85 % des travailleurs du secteur public adhéraient
à un régime agréé, comparativement à 31 %
dans le secteur privé. Au début de 1994, 73 % de tous les
adhérents étaient tenus de cotiser à leurs régimes
de pension. Parmi eux, 52 % cotisaient le maximum, soit de 7 % à
10 % de leurs gains et 31 % de 5 % à 7 % de leurs
gains. Le taux de cotisation est beaucoup plus élevé pour les
employés du secteur public : 77 % des adhérents du secteur
public cotisaient au taux maximum de 7 % à 10 % comparativement
à moins de 1 % pour ceux du secteur privé.
Le tableau 5 présente le
nombre de régimes et d'adhérents selon le mode de financement
en 1994. Les caisses de grande taille qui sont régies par un acte de
fiducie ne représentent que 30 % des régimes, mais elles comptent
78 % des adhérents. Les contrats d'assurance conviennent mieux aux régimes
comptant peu d'adhérents. En 1994, 69,5 % des régimes avaient
recours à ce type de contrat, mais ils n'englobaient que 13 % des
adhérents. En 1993, les cotisations totales des employeurs et des employés
s'élevaient à 20,2 milliards de dollars. Les employés ont
versé 7,3 milliards de dollars et les employeurs 9,9 milliards de dollars
pour services courants. Ces derniers ont également versé 3 milliards
pour combler des insuffisances actuarielles.
Tableau 5
Nombre de régimes enregistrés de pension et d'adhérents
selon le mode de financement - 1994
| Mode de financement
| Nombre de régimes
| Membres adhérents
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| Contrat d'assurance
| 10 943 (69,5%)
| 673 998 (12,9%)
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| Accord fiduciaire1
| 4 772 (30,3%)
| 4 977 521 (78,2%)
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Fonds de revenus consolidés
des gouvernements
| 20 (0,1%)
| 458 550 (8,8%)
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| Autres
| 14 (0,1%)
| 4 578 (0,1%)
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1Comprend les sociétés
de caisse de retraite, les combinaisons contrat d'assurance et accord fiduciaire
ainsi que le RREGOP.
Source : Statistique Canada, 1995, Programme de revenu de retraite au Canada,
numéro 74-507-XPB au catalogue.
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Tous ces régimes sont capitalisés,
à l'exception des fonds de revenus consolidés des gouvernements
et, dans une certaine mesure, du RREGOP 6. La valeur marchande des
actifs des caisses de retraite en fiducie s'élevait à 337 milliards
de dollars au 2e trimestre de 1995. La part des obligations a diminué
de 46,8 % en 1985 à 40,4 % en 1995 en faveur des actions, dont la
part est passée de 26,3 % en 1985 à près de 37 % en
1995. En résumé, ce sont les employés du secteur public
qui contribuent le plus à leur régime de retraite et ce sont également
eux qui sont le plus assurés de leur revenu de retraite.
L'autre composante privée
qui bénéficie d'une aide fiscale à l'intérieur des
limites prescrites (13 500 dollars en 1996) provient des régimes enregistrés
d'épargne-retraite (REER). En 1993, les contributions annuelles aux REER
atteignaient 19,2 milliards de dollars et les actifs accumulés étaient
estimés à 177 milliards de dollars. Cela peut paraître élevé,
mais parmi les personnes admissibles âgées de 25 à 64 ans,
seulement une sur cinq a cotisé pour chacune des trois années
de 1991 à 1993. Près de 7 millions de déclarants admissibles
(41 % des 17 millions) avaient un revenu annuel personnel qui s'établissait
en moyenne à moins de 10 000 dollars ces trois années. Parmi
ces déclarants à faible revenu, moins de 12 % ont cotisé
à un REER. Tout cela pour dire qu'il est important qu'il y ait une composante
obligatoire dans l'épargne-retraite.
Pour ne pas conclure cette partie
sur une note trop pessimiste, la figure 10 présente la valeur nette
par habitant du secteur des particuliers en dollars de 1986. Notre génération
est plus riche que la précédente et au décès de
nos parents, ces actifs serviront à soutenir notre niveau de vie. À
la fin de 1995, la valeur nette moyenne des actifs appartenant à chaque
Canadien s'établissait à 82 600 dollars courants ou 64 800
dollars de 1986. Quant à la valeur des structures résidentielles
par habitant, elle était de 22 000 dollars courants ou de 17 300
dollars de 1986.
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